J'avais peur de disparaître

Un avis extérieur sur votre marketing, gratuitement →

Je t'écris depuis Bali, on a quitté le village du centre de l'île pour rejoindre la côte sud avec la famille de Laureline. La mer ici est plus brutale que ce à quoi je m'attendais, les vagues claquent sur la plage avec un bruit qui rend toute conversation difficile et je crois que c'est pour ça que j'aime venir y travailler le matin.

Ce qui me revient cette semaine, c'est une chose que je n'ai jamais racontée ici, sur comment cette newsletter est née.

Pas la version inspirante, la vraie version.

Pendant douze mois j'ai envoyé un email par jour à ma liste, j'ai démarré de zéro abonné et j'ai construit toute mon audience comme ça, un email après l'autre, sept jours sur sept, pendant un an et la moitié de ces emails je n'avais pas envie de les écrire.

Antoine BM

Pour comprendre comment j'en suis arrivé là il faut que je te parle d'Antoine BM. C'est le premier entrepreneur français que j'ai suivi quand je me suis lancé, il défendait avec force le rythme quotidien. Un email par jour sans concession, parce que c'était ce qui permettait de construire une audience qualifiée et un business solide.

Sa méthode fonctionne, elle a fonctionné pour lui et pour beaucoup d'autres et quand on débute, qu'on cherche un modèle, on prend ce qui marche chez ceux qu'on admire. C'est ce que j'ai fait, j'ai pris sa cadence et je l'ai appliquée à moi sans jamais me demander si elle me correspondait.

Pendant un an, j'ai répliqué un système qui marchait pour quelqu'un d'autre.

Les six premiers mois étaient bons

Au début j'avais énormément à dire, tout ce que j'avais appris depuis mes débuts, toutes mes erreurs, toutes mes méthodes, tout ce que je voyais chez mes clients. Le réservoir était plein, les emails sortaient avec plaisir et les retours étaient excellents.

Mon taux d'ouverture tournait autour de 30%, ce qui est très bon pour une newsletter quotidienne. Les emails vendaient, des prospects me contactaient régulièrement, la liste grossissait, j'étais convaincu d'avoir trouvé la bonne formule.

Et puis le réservoir s'est vidé.

La peur de disparaître

Vers le sixième mois, j'ai commencé à m'asseoir devant mon ordi le matin avec une seule pensée en tête. "*Qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter aujourd'hui."*Pas une question créative, une question d'angoisse.

Je relisais d'anciens emails pour piquer un angle, je sortais des récaps de trucs que j'avais lus, je recyclais des arguments de vente que j'avais déjà utilisés trois fois, je trouvais des prétextes parfois minuscules pour avoir quelque chose à dire. Je n'écrivais plus pour partager, j'écrivais pour ne pas briser la série.

Derrière cette discipline apparente, il y avait une peur très précise. Si je m'arrêtais un seul jour, je disparaissais.

Pas disparaitre pour de vrai, mais disparaitre dans la tête de mes lecteurs. J'étais persuadé que si je ne venais pas chaque matin dans leur boîte de réception, ils m'oublieraient en quarante-huit heures et que ces douze mois de travail s'évanouiraient avec.

C'est cette peur qui m'a fait tenir, pas la passion ou la stratégie, mais la peur d'être oublié.

Le message qui m'a fait mal

C'est un lecteur fidèle qui m'a renvoyé le miroir. Il m'a écrit un email très gentil, sans aucune méchanceté pour me dire que ses derniers emails de moi lui avaient moins parlé que d'habitude. Qu'il sentait quelque chose de plus mécanique dans le ton. Qu'il continuait à me lire mais qu'il s'en voulait presque de me dire ça parce qu'il savait que je donnais beaucoup.

Il avait raison et le pire, c'est que je le savais avant lui.

Je le savais en envoyant chacun de ces emails, mais tant que personne ne me le disait à voix haute je pouvais continuer à me raconter que tout allait bien.

Son message est resté dans ma boîte plusieurs semaines comme un caillou dans la chaussure que je refusais d'enlever, parce que l'enlever voulait dire admettre que je m'étais trompé pendant douze mois.

Le café à Perth

Tu connais déjà la suite, je l'ai évoquée plusieurs fois. C'est dans un café à Perth que Laureline m'a dit que je faisais beaucoup trop sur beaucoup trop de sujets et l'email quotidien a été le premier truc qu'on a coupé.

J'ai eu une peur réelle, je me souviens du jour où j'ai annoncé à ma liste que je passais à un email par semaine, j'avais le cœur qui battait comme si j'envoyais une démission.

J'étais persuadé qu'une partie de mes abonnés allait se barrer immédiatement, que mes ventes allaient s'effondrer, que je venais de tuer un an de travail.

Rien de tout ça n'est arrivé, mon taux d'ouverture est passé de 30% à 45% en quelques mois, mes ventes n'ont pas baissé et les retours sont devenus plus profonds, mais surtout j'ai retrouvé le plaisir d'écrire.

La conclusion

Voilà ce que je dirais au Stan d'il y a dix-huit mois si je pouvais lui parler :

" Prends du plaisir à écrire, car tout vient de là. Si tu prends du plaisir ça se ressent dans chaque ligne et les gens ont envie de te lire, si tu n'en prends pas, ça se ressent aussi, et tu peux respecter toutes les cadences du monde, tu écriras dans le vide.

La discipline ne remplace jamais l'envie et la peur de disparaître ne fait jamais écrire de bons mots, elle remplit juste des cases."

Alors voilà ma question pour toi cette semaine : qu'est-ce que tu fais aujourd'hui dans ton business par peur de disparaître et qu'est-ce que tu ferais à la place si tu n'avais plus cette peur ?

Réponds-moi pour me le dire, je ne peux pas répondre à tout le monde mais je lis chaque message.

C'est tout pour cette semaine.

À samedi prochain.

Envie d'idées courtes sur le marketing qui rapporte ? Suivez-moi sur LinkedIn.