J'ai dit non à 30 000 euros
Un avis extérieur sur votre marketing, gratuitement →Aujourd'hui je prends l'avion pour la Polynésie Française, je profite d'attendre mon vol pour t'ouvrir à nouveau les coulisses de mon métier à partir d'un non.
Il y a quelques semaines, j'étais en call avec un client pour faire le point à la fin de notre contrat. Six mois de travail sur tout le marketing de son entreprise, un contrat à 30 000 euros.
Le genre de client que beaucoup d'agences rêveraient de garder.
Il voulait renouveler et j'ai dit non.
Si tu as luLe train de 17 anstu sais que toute ma vie tient dans un mot : "plus", alors refuser 30 000 euros qui arrivent sans prospection et sans négociation, ça peut paraître bizarre venant de moi.
Et puis je lui ai expliqué pourquoi.
Dix relances
Pour comprendre, il faut que je te parle de l'app. Tu te souviens peut-être de celle que j'ai codée en six soirs chez Suzie, près de Perth ?
Aujourd'hui tous mes livrables passent par elle, des ads jusqu'aux emails. Je dépose, le client valide ou demande des modifications et on avance.
Sauf que pour ce client-là, rien n'avançait.
Pour chaque livrable je devais relancer jusqu'à une dizaine de fois avant d'avoir une réponse et je veux être clair là-dessus, dans une grosse boîte il y a des moments où tu es obligé d'attendre un accord de la direction avant de valider quoi que ce soit.
Ça je le comprends et je l'intègre.
Mais quand l'accord tombe au bout de trois semaines, tout le planning se décale et quand cela arrive plusieurs fois c'est terrible. La campagne qui devait partir attend et le chantier prévu sur un mois s'étale sur trois.
Le pire, c'est que je l'avais anticipé. Avant de commencer avec n'importe quel client je pose une condition simple, qu'on puisse se dégager au moins deux heures par semaine pour valider.
Ce client avait dit oui au départ et pendant six mois, j'ai relancé.
Le premier call
Mes critères varient selon les clients et ce qu'on construit ensemble, mais il y en a un que je donne à tout le monde dès le premier call, sans exception.
On ne s'arrête jamais de communiquer.
Une campagne qui ne marche pas, on l'analyse et on corrige. Un client qui ne répond plus je ne peux rien faire d'utile pour lui et je passe mes semaines à attendre au lieu de travailler.
Il y a un deuxième truc plus personnel, j'ai besoin de bosser avec des gens qui me poussent et qui reviennent vers moi avec des idées. Relancer dix fois quelqu'un pour obtenir un "ok", je trouve ça usant et je n'ai pas monté mon agence pour passer mes journées à relancer depuis l'autre bout du monde.
Je n'ai rien contre ce client, avec lui je n'arrivais simplement pas à faire du bon travail et ça finit toujours par se voir dans les résultats.
La conclusion
Il y avait une sortie plus confortable, dire que j'étais trop chargé ou que ce n'était pas le bon moment comme ça personne n'aurait été vexé.
Je lui ai donné la vraie raison, les relances et les deux heures jamais tenues.
Pour moi cette façon de fonctionner n'est pas respectueuse du travail des gens qu'on paie pour avancer. Je ne vais pas te raconter sa réaction, elle lui appartient.
Mais je sais pourquoi je l'ai fait, car si personne ne lui dit il continuera comme ça avec le prochain prestataire. En lui disant, il y a une chance que ceux qui reprendront le contrat après moi soient mieux écoutés.
Si tu es prestataire, c'est ce que je retiens de ces six mois. Pose tes conditions au premier call à voix haute et le jour où elles ne sont plus tenues, dis-le avec la vraie raison même quand le contrat est gros.
30 000 euros, c'est beaucoup et deux heures par semaine, c'est peu.
C'est pour ça que le choix était simple.
Alors voilà ma question pour toi cette semaine : quelle condition as-tu posée au début d'une collaboration que l'autre ne respecte plus depuis des mois sans que tu aies jamais osé lui dire ?
Réponds-moi pour me le dire, je ne peux pas répondre à tout le monde mais je lis chaque message.
C'est tout pour cette semaine.
À samedi prochain.
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