Deux girafes en pleine visio

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Je t'écris depuis le Vanuatu et je veux te raconter une scène qui s'est passée l'année dernière en Afrique du Sud dans le parc Kruger.

On y était avec Laureline en 4x4, on venait de passer plusieurs jours à parcourir les pistes du parc et j'avais un appel prévu dans l'après-midi avec Sébastien, un client régulier qui dirige un gros SaaS pour l'e-commerce. Rien d'exceptionnel, un call de suivi comme on en fait toutes les deux semaines.

Sauf qu'on avait mal calculé le temps de trajet pour rejoindre le prochain camp. On voulait sortir des sentiers battus, on pensait faire un raccourci de dix minutes qui s'est transformé en deux heures de piste défoncée et à un quart d'heure de l'appel, on était toujours au milieu du parc sans aucune chance d'arriver à temps.

Dans le Kruger, il est interdit de sortir de la voiture pour des raisons évidentes.

Donc j'ai fait ce qu'il restait à faire, je me suis arrêté sur le bord de la piste, j'ai ouvert mon ordi sur mes genoux et j'ai pris l'appel de Sébastien depuis le siège passager en 4G miraculeuse.

On était en visio, on parlait de sa stratégie d'acquisition tout se passait normalement.

Et à un moment, Laureline m'a tapé discrètement le coude en me faisant un signe de la tête vers l'extérieur.

J'ai levé les yeux, deux girafes s'étaient approchées à quelques mètres de la voiture et derrière elles un éléphant traversait la piste.

Sébastien les a vues dans le fond de ma caméra. Il y a eu un silence de deux secondes, puis on a explosé de rire tous les deux. On n'a pas repris la conversation sérieuse juste après, mais on a d'abord commenté ce qui se passait derrière moi comme deux potes qui découvrent un truc improbable ensemble.

Le call a duré une heure sur sa stratégie d'acquisition entre deux passages d'antilopes.

Ce que Jonathan me dit à chaque call

Ce moment-là avec Sébastien, il n'aurait pas été possible avec tout le monde.

J'ai un autre client, Jonathan, qui dirige une boîte dans l'ERP et qui me sort à peu près la même blague tous les deux calls.

Quand il voit ma caméra sur un nouveau décor, il me dit : "Tu parles, tu nous fais croire que tu es en tour du monde, mais en fait tu es dans un camping à Clermont-Ferrand."

Ça me fait rire à chaque fois parce que Jonathan sait très bien que je suis vraiment en tour du monde. Il vient de le voir, mais il choisit de me chambrer plutôt que de faire semblant que c'est impressionnant.

Je préfère largement un client qui me chambre qu'un client qui m'admire.

Sébastien et Jonathan ne sont pas des exceptions. Emma, une cliente qui dirige une école en ligne, je l'ai signée après un appel pris depuis la porte d'embarquement de l'aéroport de Tokyo, assis par terre avec mon ordi sur les genoux. Un autre appel important, à Bali, je l'ai pris pendant une heure trente sur un banc en bois au milieu des rizières parce que la connexion de mon hôtel était tombée.

Dans aucun de ces moments je n'ai eu de client qui a mal réagi et je crois que ce n'est pas de la chance.

La conclusion

Je mets ma vie en avant sur LinkedIn depuis longtemps. Je parle de mon tour du monde, je raconte mes journées, je publie des photos depuis des endroits improbables. Ceux à qui ça ne plaît pas ne me contactent tout simplement pas, ceux qui restent savent où ils mettent les pieds.

C'est un tri qui s'est fait très en amont, avant même que ces clients me contactent. Je n'ai jamais eu à refuser un client pour incompatibilité de style, parce qu'ils n'arrivent jamais jusqu'à moi.

Je passe mon temps à conseiller des entrepreneurs sur leur personal branding, sur leur positionnement, sur la façon de vendre sans se travestir.

Ce que je vois beaucoup, c'est des gens qui se mettent un costume qu'ils n'aiment pas pour attirer des clients qu'ils n'aiment pas et qui finissent par détester ce qu'ils font.

Le costume que tu portes en public décide de qui vient sonner à ta porte.

Alors voilà ma question pour toi cette semaine : est-ce que les clients que tu as aujourd'hui sont ceux que tu aurais choisis si tu avais assumé être toi-même dès le premier jour ou est-ce que tu portes encore un costume qui attire des gens que tu ne veux pas vraiment servir ?

Réponds-moi pour me le dire, je ne peux pas répondre à tout le monde mais je lis chaque message.

C'est tout pour cette semaine.

À samedi prochain.

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