399 euros un soir en rentrant d'Auchan.

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Je veux te raconter une période de ma vie où je payais pour qu'on me dise quoi faire.

J'avais 20 ans, je bossais chez Auchan comme manager commerce et en parallèle j'essayais de monter quelque chose qui m'appartenait vraiment.

Entre 20 et 21 ans, j'ai acheté environ dix formations en ligne pour un total de plusieurs milliers d'euros.

La liste

J'ai fait du dropshipping, du copywriting, du closing, du trading, de l'e-commerce, du business sur YouTube et à chaque fois je tombais sur un entrepreneur qui présentait sa méthode avec un système clair, des résultats prouvés, des témoignages, une promesse de transformation rapide et à chaque fois je sortais ma carte bleue.

Mais au final, je ne capitalisais sur rien.

Pas parce que ces formations étaient mauvaises. La plupart étaient probablement très bien faites, fonctionnaient pour ceux qui les vendaient et pour beaucoup de leurs élèves. Je ne suis pas en train de cracher sur l'industrie de la formation en ligne, j'en consomme encore aujourd'hui quand j'en ai besoin.

Le problème, c'est que je ne les achetais pas pour les bonnes raisons.

Le soir en rentrant d'Auchan

Je me souviens précisément du dernier achat de cette période.

C'était un soir, je rentrais de ma journée chez Auchan. La journée avait été dur, j'avais juste envie de m'asseoir et de ne plus penser, je suis tombé sur la publicité d'une formation sur le business YouTube à 399 euros au lieu de 599. Un mec souriant, une vidéo bien faite, une promesse de système clé en main.

J'ai cliqué sur acheter.

Au moment précis où j'ai validé le paiement, j'ai senti un truc bizarre dans ma poitrine. Pas la culpabilité financière, je l'avais déjà sentie plusieurs fois sans que ça m'arrête, mais je me suis dit*"je viens de faire une connerie."*

Je savais déjà que je ne la regarderais probablement pas, que je ne ferais probablement pas un projet YouTube, que dans deux mois elle rejoindrait les trois autres formations dans ma plateforme d'apprentissage que je n'avais pas non plus ouvertes.

Je n'achetais plus une compétence, mais l'impression d'avancer.

C'était plus confortable de cliquer sur acheter que de me poser et de me demander ce que je voulais vraiment construire, plus confortable de suivre quelqu'un qui semblait avoir trouvé la formule que d'inventer la mienne, plus confortable de payer 399 euros que d'accepter que je n'avais pas encore mon propre cap.

Cette logique se nourrissait d'elle-même, plus j'achetais sans appliquer, plus j'avais le sentiment de retard et plus j'achetais. Comme un mec qui s'inscrit à la salle de sport en janvier sans y aller et qui s'inscrit à un coach personnel en mars en se disant que cette fois ce sera la bonne.

Je suis marketeux de métier et j'étais le marketeux qui aime se faire avoir par les stratégies marketing. Ironique et vrai.

Ce qui s'est passé après

Au moment précis où j'ai vu mon paiement validé sur l'écran, j'ai pris une décision que je n'avais jamais prise jusque-là. J'allais arrêter complètement d'acheter par discipline intellectuelle.

Je voulais voir ce qui se passait si je n'avais plus de mentor à suivre, plus de méthode à appliquer, plus de promesse à acheter. Si je devais inventer mon propre chemin avec ce que j'avais déjà appris via mon école, Auchan et les formations.

Les mois qui ont suivi ont été inconfortables, je n'avais plus la béquille de me dire que ma prochaine formation allait débloquer quelque chose. Je devais me lever le matin et décider tout seul ce que je faisais avec mon temps.

C'est pendant cette période que j'ai posé les bases de l'agence que j'ai aujourd'hui, j'ai été forcé de regarder ce que je savais déjà faire au lieu de chercher ailleurs.

Le réflexe ne disparaît jamais complètement.

Aujourd'hui à 25 ans, avec une agence qui tourne et plusieurs années de pratique derrière moi, je sens encore régulièrement la tentation d'acheter, mais ce qui a changé c'est ce que je fais juste avant de cliquer.

Je me pose la question que je n'ai pas su me poser à 20 ans en rentrant d'Auchan : " Est-ce que j'ai besoin de cette compétence pour un projet précis que je suis déjà en train de mener ou est-ce que j'ai besoin de croire que la prochaine étape se trouve à l'extérieur de moi "

Et la plupart du temps, je ferme l'onglet.

La conclusion

La vraie question n'est pas est-ce que cette formation est bonne, car la plupart le sont.

La vraie question c'est est-ce que je l'achète parce que j'ai un projet précis pour lequel elle va m'aider ou est-ce que je l'achète parce que j'ai besoin de croire que la prochaine étape se trouve à l'extérieur de moi.

Ces deux raisons sont très différentes.

La première produit des résultats.

La seconde produit une carte bleue qui chauffe et un sentiment de retard qui revient toujours plus fort.

Alors voilà ma question pour toi cette semaine : qu'est-ce que tu as acheté récemment dans l'idée que ça allait débloquer quelque chose et est-ce que tu sais vraiment pourquoi tu l'as acheté ?

Réponds-moi pour me le dire, je ne peux pas répondre à tout le monde mais je lis chaque message.

C'est tout pour cette semaine.

À samedi prochain.

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