J'ai toujours voulu plus
Un avis extérieur sur votre marketing, gratuitement →Je t'écris encore depuis la Nouvelle-Calédonie et cette semaine je veux te raconter d'où vient la phrase qui a construit toute ma vie.
Plus.
J'ai grandi à La Geneytouse, un petit village de campagne à côté de Limoges. À 17 ans, même pas 18 j'ai pris un train pour Aix-en-Provence, à 800 kilomètres de chez moi pour faire des études de marketing et de commerce.
Je suis arrivé sans argent, sans réseau, sans plan B avec un petit appartement où on pouvait toucher les deux murs en écartant les bras.
L'aventure commençait, et elle commençait par le bas.
Mon premier boulot à Aix, c'était Burger King. La pire expérience professionnelle de ma vie. Les horaires qui changent, les soirées qui n'en finissent pas, l'odeur de friture qui te suit jusque dans ton lit. J'y suis resté deux mois et pendant ces deux mois une seule pensée tournait dans ma tête.
Je ne veux plus ça.
La patronne du restaurant
Un soir en rentrant du taff, j'ai décidé de m'arrêter manger dans un restaurant gastronomique que j'adorais. Un gamin de 17 ans qui sort de son service Burger King et qui va s'asseoir seul dans un gastro, ça devait faire bizarre à voir.
En arrivant, j'ai croisé la patronne. Elle m'a demandé ce que je faisais là à cette heure-là et je lui ai expliqué, je rentrais du boulot, j'adorais son restaurant, je m'arrêtais manger. On a discuté un long moment, de tout, du métier, de ce que je faisais à Aix.
Et à la fin de la conversation elle m'a proposé un poste. Quelqu'un venait de partir de son équipe.
Je suis passé de Burger King à un restaurant gastronomique parce que j'avais poussé une porte un soir au lieu de rentrer chez moi. Et cette bascule m'a appris un truc que je n'ai jamais oublié, le "plus" ne vient pas te chercher, il se trouve derrière des portes que tu décides de pousser.
À partir de là, la mécanique ne s'est plus jamais arrêtée.
Pendant mes études, je voulais une alternance qui vaille le coup, je suis rentré chez Auchan. Une fois chez Auchan, je voulais plus qu'un poste d'alternant, je suis devenu l'un des plus jeunes managers commerce de France, avec une dizaine d'employés et le plus gros périmètre de l'hypermarché.
Une fois manager, je voulais plus que le salariat, je me suis lancé à mon compte. Une fois à mon compte, je voulais plus que l'autonomie, je voulais la liberté totale et je suis parti faire le tour du monde en travaillant depuis l'autre bout de la planète.
Chaque étage de ma vie a été gagné avec le même mot.
Ce que le "plus" vise vraiment
Il y a un piège classique avec cette philosophie et je le connais bien parce que je vois beaucoup d'entrepreneurs tomber dedans. C'est de croire que le "plus" est une fin en soi. Plus de revenus pour avoir plus de revenus, plus de croissance pour avoir plus de croissance, une course dont la ligne d'arrivée recule à chaque foulée.
Moi je crois que mon rapport au "plus" est différent et je vais essayer de le formuler pour la première fois.
Mon "plus" a toujours visé un "assez".
Je ne cours pas pour courir. Je donne plus aujourd'hui pour atteindre le moment où je pourrai dire, c'est assez, et m'arrêter. Tu le sais si tu me lis depuis quelques mois, mon objectif est de pouvoir arrêter de travailler avant 45 ans.
Pas pour ne rien faire, pour déplacer mon énergie ailleurs. Vers une maison à la campagne que je construirai en partie de mes mains, vers le jardin, le sport, les champignons en forêt, ma famille.
Et c'est là que je veux être honnête sur un point. Je n'abandonnerai jamais le "plus". C'est ma façon d'être, elle est câblée en moi depuis le train de mes 17 ans. Ce qui changera un jour, c'est sa direction.
Le même moteur qui me fait chercher plus de clients aujourd'hui me fera chercher un plus beau potager, une plus belle charpente, plus de temps avec ceux que j'aime.
Le "plus" n'est pas le problème, le problème c'est de ne jamais se demander ce qu'il vise.
La conclusion
Aujourd'hui je suis content de fonctionner comme ça et je le dis sans détour.
Sans cette mécanique, je ne serais pas en train de t'écrire depuis la Nouvelle-Calédonie en gagnant très confortablement ma vie. Le gamin du train n'avait rien et le "plus" lui a tout construit.
Mais je sais aussi que la partie la plus difficile est devant moi. Parce que pousser des portes, je sais faire depuis mes 17 ans. Ce que je n'ai jamais fait, c'est reconnaître le jour où il faudra arrêter d'en pousser dans une direction pour commencer à en pousser dans une autre. Ce jour-là, il n'y aura pas de patronne de restaurant pour me proposer le poste. Il faudra que je le décide seul.
Et je ne sais pas encore si je saurai.
Alors voilà ma question pour toi cette semaine : ton "plus" à toi, celui qui te fait te lever le matin, est-ce que tu sais ce qu'il vise ou est-ce que tu cours sans avoir jamais regardé la ligne d'arrivée ?
Réponds-moi pour me le dire, je ne peux pas répondre à tout le monde mais je lis chaque message.
C'est tout pour cette semaine.
À samedi prochain.
Envie d'idées courtes sur le marketing qui rapporte ? Suivez-moi sur LinkedIn.